La loi Le Meur (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) encadre la location Airbnb et les meublés de tourisme en France. Elle permet aux communes d’abaisser à 90 nuits par an la location d’une résidence principale, ce que Paris applique depuis le 1er janvier 2025, généralise le numéro d’enregistrement, facilite l’interdiction des meublés de tourisme en copropriété, impose un DPE minimum et réduit l’avantage fiscal du micro-BIC pour les meublés non classés.
Mis à jour le 7 octobre 2026 · Par Camille Gadret, fondatrice de Guest Home Service, conciergerie Airbnb à Paris.
Loi Le Meur : ce qui change en résumé
| Sujet | Avant la loi | Depuis la loi Le Meur |
|---|---|---|
| Résidence principale à Paris | 120 nuits par an | 90 nuits par an depuis le 1er janvier 2025 |
| Numéro d’enregistrement | Selon les communes | Obligatoire partout depuis le 20 mai 2026 |
| Annonce sans numéro | Amende jusqu’à 5 000 € | Amende jusqu’à 10 000 € |
| Fausse déclaration ou faux numéro | Amende jusqu’à 10 000 € | Amende jusqu’à 20 000 € |
| Interdiction en copropriété | Le plus souvent l’unanimité | Majorité de l’article 26 si le règlement interdit déjà l’activité commerciale |
| Performance énergétique | Aucune exigence | DPE de A à E pour les nouveaux meublés soumis à changement d’usage, A à D pour tous en 2034 |
| Micro-BIC meublé non classé | Abattement de 50 % | Abattement de 30 % jusqu’à 15 000 € de recettes |
Combien de nuits peut-on louer sa résidence principale sur Airbnb à Paris ?
À Paris, une résidence principale peut être louée en meublé de tourisme 90 nuits par an au maximum depuis le 1er janvier 2025. La loi Le Meur a maintenu le plafond national de 120 jours, mais elle autorise les communes à l’abaisser jusqu’à 90, et le Conseil de Paris l’a fait. Le décompte porte sur toutes les plateformes réunies : 60 nuits sur Airbnb et 40 sur Booking font 100 nuits, donc un dépassement.
La résidence principale est le logement occupé au moins huit mois par an. Un logement qui n’est pas votre résidence principale ne peut pas être loué en courte durée à Paris sans autorisation de changement d’usage, avec compensation, ce qui le rend très coûteux.
Le numéro d’enregistrement devient obligatoire partout
Tout meublé de tourisme doit désormais être déclaré et afficher son numéro d’enregistrement sur chaque annonce. À Paris, la déclaration existait déjà : elle se fait sur le téléservice de la Ville et le numéro à 13 caractères est délivré immédiatement pour une résidence principale. La procédure complète est détaillée dans notre guide du numéro d’enregistrement Airbnb à Paris.
Loi Le Meur et copropriété : ce que peut décider le syndic
Depuis la loi Le Meur, une copropriété dont le règlement interdit déjà toute activité commerciale dans les lots non destinés au commerce peut interdire les nouveaux meublés de tourisme à la majorité de l’article 26 de la loi de 1965 : la majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix. Auparavant, l’unanimité était en pratique nécessaire.
Le loueur doit aussi informer le syndic de sa déclaration de meublé de tourisme (article 9-2 de la loi de 1965), et la question est inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée générale. Avant de mettre un logement en location, relisez donc votre règlement de copropriété : c’est l’un des points que nous vérifions systématiquement.
DPE : quelles exigences pour un meublé de tourisme ?
Un nouveau meublé de tourisme soumis à autorisation de changement d’usage doit présenter un DPE compris entre A et E. À partir de 2034, tous les meublés de tourisme devront être classés entre A et D. Les résidences principales louées moins de 120 jours par an ne sont pas concernées, ce qui couvre le cas de la plupart des loueurs parisiens.
Fiscalité : la fin du micro-BIC à 50 % pour les meublés non classés
Pour les revenus 2025, un meublé de tourisme non classé bénéficie d’un abattement de 30 % jusqu’à 15 000 € de recettes, contre 50 % auparavant. Un meublé de tourisme classé bénéficie d’un abattement de 50 % jusqu’à 77 700 € de recettes (contre 71 % auparavant), plafond porté à 83 600 € pour les revenus 2026. Le classement, réalisé par un organisme accrédité, devient donc un levier fiscal à étudier. Au-delà de ces plafonds, ou si vos charges sont élevées, le régime réel peut être plus intéressant : parlez-en à votre comptable.
Les amendes prévues par la loi Le Meur
- Annonce sans numéro d’enregistrement : jusqu’à 10 000 €.
- Fausse déclaration ou faux numéro : jusqu’à 20 000 €.
- Dépassement du plafond de nuits pour une résidence principale : jusqu’à 15 000 €.
- Location d’un logement non principal sans changement d’usage : jusqu’à 100 000 € par logement.
La Ville de Paris croise les données transmises par les plateformes. Le détail des contrôles est dans notre article sur les contrôles et amendes Airbnb à Paris en 2026.
Ce que la loi Le Meur change pour vous, propriétaire à Paris
Pour un propriétaire parisien qui loue sa résidence principale, la loi change surtout trois choses : 90 nuits au lieu de 120, un numéro d’enregistrement à afficher et une fiscalité moins favorable si le logement n’est pas classé. La location courte durée reste possible et rentable, à condition de placer ces 90 nuits sur les périodes les plus demandées (salons, Fashion Week, grands concerts, été) et de compléter, si besoin, par un bail mobilité, qui ne compte pas dans le plafond.
Guest Home Service vérifie la conformité de chaque logement avant sa mise en location : statut, plafond de nuits, numéro d’enregistrement, règlement de copropriété. Pour une estimation gratuite de vos revenus en respectant la loi, consultez notre offre Gestion Courte Durée Paris à 18 % tout compris ou contactez-nous.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la loi Le Meur ?
La loi Le Meur est la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale. Elle porte le nom de la députée Annaïg Le Meur et encadre la location Airbnb : plafond de nuits, enregistrement, copropriété, DPE et fiscalité.
La loi Le Meur interdit-elle Airbnb à Paris ?
Non. Elle n’interdit pas la location Airbnb, elle la limite. À Paris, une résidence principale peut toujours être louée 90 nuits par an avec un numéro d’enregistrement ; un logement non principal nécessite une autorisation de changement d’usage.
La loi Le Meur s’applique-t-elle aux locations déjà en cours ?
Oui pour le plafond de nuits, le numéro d’enregistrement et la fiscalité. L’interdiction en copropriété à la majorité de l’article 26 vise les nouveaux meublés de tourisme, et l’exigence de DPE s’applique d’abord aux nouvelles autorisations de changement d’usage, avant le seuil général de 2034.
Ma copropriété peut-elle m’interdire de louer sur Airbnb ?
Oui, si le règlement de copropriété interdit déjà toute activité commerciale dans les lots non destinés au commerce : l’assemblée générale peut alors interdire les meublés de tourisme à la majorité de l’article 26. Sinon, une modification du règlement suit les règles habituelles.
Le bail mobilité est-il concerné par la loi Le Meur ?
Non. Le bail mobilité, d’un à dix mois pour un locataire en formation, en mission ou en mutation, n’est pas une location de meublé de tourisme : il ne compte pas dans le plafond de 90 nuits.